10/11/2008
Paw-paw et olive d'automne
Je n'ai pas le temps pour un potager et son aspect détonnerait dans mon jardin sauvage. Je me contenterai de quelques légumes dispersés, je pense surtout aux tomates-cerises, c'est joli et d'aspect plus naturel que les grosses tomates, au raifort, aux plantes aromatiques etc…
Les fruits c'est plus simple à entretenir, à condition de ne pas choisir ceux qui sont trop sélectionnés et répandus partout, attirant de ce fait toutes les pestes. Les presque sauvages, ça me plaît et j'ai aussi envie de goûts nouveaux.
J'ai déjà planté nashi, griottier, mirabellier. Deux grenadiers, 'Provence' et 'Molar de Elche' sont prêts pour être plantés. Mes semis involontaires de néflier du Japon sont prêts à partir à Romilly sur Seine. Celui de Veneux les Sablons ne fleurit pas à cause de l'ombre d'un grand chêne dont je n'avais pas prévu l'étalement.
Je vais aussi transplanter les ronces sauvages de Veneux, il faudra les canaliser, je n'aime pas les fruits des ronces "domestiques", et les actinidias à petits fruits lisses, eux aussi trop à l'ombre.
Je viens de planter 3 Eleagnus umbellata, l'olivier d'automne, Autumn olive. Il est rustique partout en France, ses fleurs sont parfumées et attirent les abeilles. Il mesure 6 m, supporte le calcaire et fixe l'azote, rendant service aux plantes qui l'entourent. Ses fruits d'automne n'ont pas la couleur des olives, ils sont rouges et juteux, comestibles et agréables. Je n'ai malheureusement pas de photo, les miens ne sont pas encore photogéniques.
Asimina triloba, un américain du nord, est aussi très rustique. Dans son pays on l'appelle paw-paw ou poor man's banana. Lui aussi mesure 6 m. Il est proche des mangues et ses fruits y ressemblent. Mais ce n'est pas son seul attrait. Ses grandes feuilles pendantes lui donnent un air très exotique. Là, j'ai des photos de celui du jardin botanique de Marnay sur Seine.


Enfin j'ai trouvé un compagnon pour ma vigne sauvage et je l'ai commandé en Hollande, je l'aurai à la fin du mois : un Ginkgo biloba femelle à port colonnaire. C'est rare, les femelles sont généralement plus larges que les mâles. Peut-être aimerai-je les amandes comestibles de ses ovules mais dans combien d'années ?
21:38 Publié dans fruitiers | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nature, plantes, jardin
Ne brûlez jamais du sureau
Comme pour la coupe, brûler du sureau ne paraît pas très sage quand on croit qu’il a un contenu spirituel puissant. Il est vraisemblable que les traditions associées au feu sont les plus vieilles. Le véritable nom anglais du sureau, "elder", dérive de noms saxons comme "aeld" qui signifie feu et "ellaern" dont le sens est allumer du feu. Les explications habituelles pour cela sont que la moelle à l’intérieur des tiges était recueillie et séchée pour être utilisée comme matériel d’allumage, ou encore qu’on soufflait à travers les tiges creuses pour activer les cendres. Les deux sont plausibles mais il y a une troisième possibilité, c’est que, pris au mot, c’est une réminiscence des temps où, pense-t-on, le bois de sureau était utilisé pour des feux sacrés et rituels, y compris les bûchers funéraires.
Si le bois de sureau était de fait brûlé rituellement en l’honneur de la Mère Sureau, il a peut-être été l’apanage des "prêtres" qui interdisaient aux non initiés de brûler le bois sacré.
Une autre explication pourrait reposer sur la crainte d’attirer la mort, à partir de ses relations probables avec les rites et les bûchers funéraires. Peut-être croyaient-ils que par la mort la Mère Sureau était réunie à son "enfant", et ainsi des morceaux de l’arbre, souvent d’un arbre vivant, bois vert ou feuilles vertes, étaient mis dans les tombes et les cercueils.
Certains pensent que les Saxons le plantaient sur les tombes des criminels exécutés, pour que l’arbre absorbe leur mal et purifie leur âme. Visiblement le flambeau fut transmis car, aussi tard qu’en l’an 1579, Edmund Spencer utilisa la correspondance funéraire dans les images dans le poème November de son Shepherd’s Calendar, pendant que dans Cymbeline de Shakespeare il est symbole de chagrin.
Le brûler dans le foyer de la maison attirera le Démon par la cheminée. Ceci peut être pris au mot, ou bien peut être un écho des croyances de Norse associées à celles de Woden qui étaient enclins à passer à travers des trous de fumée en visite de passage, notion adoptée en Amérique quand le Père Noël fut inventé. C’était Woden qui était, en partie, célébré avec les grands feux des fêtes du solstice d’hiver de Yule.
Nombreuses sont les interdictions de brûler le sureau. Si le sureau est jeté dans un feu, on peut entendre crier le sorcier qui se trouve à l’intérieur. Oui, le bois crie, un bruit fort ! Une explication scientifique fut recherchée. On apprit que le sureau est un bois inhabituel qui a des canaux pleins d’air, avec une torsion pour monter en spirale autour de la tige creuse, et que cela provoque des pressions sous l’effet de la chaleur du feu, et ça "crie" lorsque ces canaux s’écartent. Cette décharge de pressions peut propulser des globules de sève bouillante et ce fait peut expliquer la croyance que, si le sureau est jeté dans le feu, le Diable vous crachera dessus.
J'ai eu moi-même confirmation de ces faits. Un jour j'ai fait brûler du sureau dans la cheminée. Je croyais que ce bois était sec, il ne l'était sans doute pas. Je n'ai pas vraiment vu ce qui s'est passé, je n'étais plus à ce moment-là devant la cheminée. J'ai entendu des explosions et j'ai trouvé des cendres incandescentes projetées à un mètre.
Il est dangereux de brûler un sureau.
10:00 Publié dans Légendes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nature, plantes




