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09/08/2010

Actinidia

Il m'est arrivé d'autres catastrophes sur le terrain de Romilly. Mais je ne voudrais pas vous donner l'impression de toujours me plaindre. Je vais donc entrecouper mes jérémiades de notes plus joyeuses. Je vais commencer par vous parler de mes kiwis inhabituels.

 

A Veneux j'ai deux actinidias sans doute botaniques, l'un à fruits couverts de poils, l'autre à fruits complètement lisses.

 

Le kiwi à fruits velus, vraiment très velus, est sans doute un Actinidia deliciosa mais proche de la forme botanique car les fruits sont très petits, la taille d'une prune. C'est un peu gênant car il faut les éplucher. Mais par ailleurs je ne rêve pas de 'Hayward', la forme cultivée la plus répandue et la plus vendue au rayon fruits des supermarchés car je suis incapable de le manger frais, il est trop acide. Comment ai-je pu obtenir cette liane ? Je l'ai acheté il y a très, très longtemps, à une époque où les plants d'actinidia étaient presque introuvables et il m'avait été vendu comme Actinidia chinensis car à l'époque les espèces deliciosa et chinensis étaient confondues. Actinidia chinensis est l'espèce à fruits à chair jaune et plus sucrée, velus mais moins et aux poils facilement enlevés par frottement. Le mien a des fruits tellement velus que ce ne peut être que deliciosa.

 

L'autre actinidia, qui ne peut être que botanique, a des fruits lisses. Vous allez me dire c'est Actinidia arguta. Non, ce n'est pas lui. Arguta a des fruits allongés, le mien a des fruits ronds, même un peu aplatis. Les feuilles également sont différentes, elles sont plus petites sur le kiwai. Je connais bien arguta. J'en ai eu un, il avait même produit et commencé à envahir un arbre en lançant à la verticale une branche qui tenait seule sur 3m ! Un été bien sec il a fini par renoncer à vivre dans le sable. Comment ai-je obtenu ce kiwi botanique ? J'avais planté, il y a très longtemps aussi, un actinidia mâle. Un sanglier a traversé mon terrain (la chasse à courre, vous savez, ils vont même traquer le cerf dans les immeubles de Fontainebleau) et il a pulvérisé les arceaux sur lesquels étaient installés les actinidias qui furent tous déracinés. Un seul a survécu. Mais deux ans plus tard ce qui était à l'origine un mâle, 'Tomuri',  produisait des fleurs femelles de petite taille. Il n'avait survécu que le porte-greffe. A l'époque les actinidias vendus étaient sans doute tous importés d'Orient et greffés sur des actinidias sauvages locaux.

 

Mais je n'ai aucun pied mâle. Après ce Tomuri et, découvrant sa féminisation, j'en ai planté un autre, puis encore 5 fois. Aucun n'a survécu, ils ne passaient même pas l'été. Tout le monde sait que dans beaucoup d'espèces, et pas seulement végétales, les mâles sont très fragiles. Les femelles seules s'adaptent à mon terrain trop sableux. La fécondation est donc assurée par les jardins voisins. Il y a une belle haie d'actinidias à environ 400m. Mais, selon les années j'ai tantôt des fruits lisses et tantôt des fruits velus. Cela dépend sans doute de la concomitance de floraison et de la bonne volonté des butineurs.

 

Cette année j'ai des fruits lisses. Vous remarquerez qu'ils sont très lisses et très verts et aussi bien ronds voire aplatis :

 

actinidia bot veneux 9 août 2010 001.jpg
actinidia bot veneux 9 août 2010 004.jpg
actinidia fruits veneux 9 août 2010 004.jpg

Voici photographiés à la même époque l'an dernier (le 1 et le 13 août) les fruits velus, déjà très velus et bruns :

 

actinidia chin veneux 1 août 019.jpg

 

actinidia chin veneux 13 août p 004.jpg

Et les feuilles avec leur pétiole : de gauche à droite actinidia à fruits lisses, Actinidia deliciosa 'Jenny' et Actinidia deliciosa à petits fruits.

 

actinidia feuilles veneux 9 août 2010 022.jpg

 

Les feuilles de 'Jenny' sont très râpeuses. Les plus lisses, vraiment très douces au toucher sauf quelques minuscules aspérités sur la face inférieure des nervures, sont celles de l'actinidia à fruits lisses.

14:46 Publié dans fruitiers | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jardin

Découragement

Encore un sureau attaqué par les campagnols. C'est le onzième je crois. Cette fois ils ont fait très fort, il ne reste plus grand-chose du système racinaire.

 

C'est un Sambucus nigra 'Black Beauty'. Il était déjà beau, il avait fleuri et fructifié. Il n'avait plus aucune attache au sol. Le voici posé sur un tapis de fraisiers sauvages :

 

black beauty attaqué romi 8 août 2010 016.jpg

Et voici ses racines :

 

black beauty racines romi 8 août 2010 019.jpg

C'est bien ce qui est écrit dans Wikipedia : n'hésite pas à s'attaquer aux grosses racines des arbres qu'il ronge progressivement leur donnant une forme caractéristique en poignard.

 

Sur mon terrain de Romilly il ne s'attaque qu'aux sureaux et tous les sureaux, quelle que soit leur taille, peuvent être attaqués. Je dois bien en avoir une centaine, comment les protéger tous ? Les nouvelles plantations seront faites avec un cercle de piquets rapprochés autour. Mais protéger les autres demanderait des dizaines de jours et des tonnes de piquets. Toutes mes cendres de cheminée seront désormais déposées autour des sureaux, le campagnol n'aime pas ça. Une campagne de plantation de narcisses est prévue. Quel est l'imbécile qui a dit que les sureaux protègent des campagnols ?

 

'Black Beauty' a passé l'après-midi les racines, ou ce qu'il en reste, dans la mare. Il a été taillé puis je l'ai replanté dans une fosse tapissée de grillage à mailles lâches dont la partie au dessus du sol soutient ses branches.

 

Sambucus  callicarpa, le sureau attaqué juste avant lui, semble vouloir survivre. Ses bourgeons sont en train de grossir.

 

Pourquoi une telle prolifération de campagnols ? Parce que nous détruisons, bêtement, ses prédateurs, les rapaces et les petits mammifères carnivores.

 

Le plus grand mangeur de campagnols, le grand spécialiste du campagnol, dont c'est au moins 90% voire plus de l'alimentation, c'est la belette. Des études scientifiques l'ont démontré. Mais elles ont peu de poids devant les croyances et les préjugés et on détruit la belette considérée comme nuisible ! C'est pourtant la meilleure protection des cultures pour lesquelles le campagnol est une calamité et ses éventuels dégâts collatéraux sont négligeables.

 

11:00 Publié dans Sureaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nature, animaux