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07/11/2008

Ne coupez jamais un sureau

Couper un sureau est tabou. Non seulement ce fait est bien connu même aujourd’hui, mais c’est encore mis en pratique ou plutôt évité. Maintenant que l’arbre a été introduit comme Déesse Mère, la tradition prend tout son sens. Il ne semble pas tout à fait correct d’élaguer une déesse, n’est-ce pas ? Dans quelques régions il était possible de couper et prendre le bois s’il était mort mais certainement pas le bois vivant. Et en aucun cas il n’était utilisé comme bois pour le feu.
Le sureau est le seul parmi les arbres britanniques à avoir des tiges creuses et de ce fait à procurer des tubes de bois tout prêts. De plus c’est un bois très dur qui peut être poli pour une bonne finition. Ces qualités le rendaient désirable et il était donc nécessaire de trouver un moyen de prendre le bois sans risquer une vengeance. Des rituels préliminaires assuraient la sécurité. D’abord, les raisons de ce besoin du bois doivent être expliquées, à voix haute, à l’arbre déesse. Puis on doit le lui demander, poliment, à voix haute. La politesse qui convient, c’est s’approcher de l’arbre calmement, mais pas à la dérobée, en enlevant son chapeau, et en gardant les bras croisés sur la poitrine pour montrer qu’on ne porte pas prématurément des outils à lame. Pour une totale humilité, pliez légèrement les genoux. Attendez que Hylde-Moer donne son consentement, ce qu’elle fait par son silence (parfois cela est interprété comme laisser le temps à Hylde-Moer de s’éloigner du trajet de la lame). Dans quelques régions ce rituel doit être exécuté avant de prendre non seulement le bois mais aussi les fleurs, les baies, l’écorce, etc.
Vous n’obtiendrez rien pour rien, aussi lorsque vous demandez, promettez de donner en échange un peu de votre propre bois d’œuvre en temps voulu. Les mots de la demande le plus souvent citée sont quelque chose comme :
Mère Sureau donne-moi un peu de ton bois
Et je te donnerai un peu du mien
Lorsqu’il aura suffisamment grandi dans les bois.
Cela sonne un peu comme de la corruption, mais dans le système de troc de l’époque pré monétaire on commerçait de cette façon et cela ne paraissait en aucune façon anormal. Lorsqu’on envoyait les enfants chercher des fleurs ou des baies, on leur apprenait à demander poliment et simplement :
Mère Sureau, s’il vous plaît, puis-je avoir…
Prendre sans demander revenait à voler et c’était pris très sérieusement dans le passé. Cet acte apparaît rarement dans les archives du crime au Moyen Age. Quoi que vous possédiez, c’est par la grâce de Dieu, et donc, prendre quelque chose à quelqu’un d’autre, c’était dérober la volonté de Dieu. Soustraire quelque chose à la Mère Sureau était de ce fait risqué, car on la croyait capable de vengeance, vous alliez mourir dans les trois jours.

23:34 Publié dans Légendes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : légendes

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