16/06/2017
Mahonia, les fruits
Le 23 mai le vert des fruits des petits Mahonia japonica commence à se nuancer de bleu :
Le 14 juin tous les fruits des Mahonia d’hiver sont bleus. Le plus étonnant, c’est que pour la première fois je peux photographier les fruits bleus de Mahonia ‘Charity’. D’habitude ils sont dévorés avant. C’est peut-être parce que j’ai continué à fournir du tournesol aux oiseaux. Donc, le tournesol, c’est meilleur que le mahonia :
Les Mahonia japonica sur leur tapis de Gallium odoratum (aspérule) et Lamium galeobdolon :
Les fruits des Mahonia aquifolium à la floraison plus tardive, seulement au printemps, commencent à peine à bleuir :
19:59 Publié dans Plantes | Lien permanent | Commentaires (1)
Mais Jenny sauve la production
Je n’ai pas de mâle. Et pourtant le 14 juin on peut voir que presque toutes les fleurs, aussi bien celles de deliciosa que celles de melanandra ont été fécondées.
Le miracle est dû à Actinidia deliciosa ‘Jenny’, un actinidia autofertile. On en trouve 3 dans le commerce, Jenny, Solo et Solissimo. Jenny et Solissimo ont des fruits de belle taille. Je déconseille Solo, ses fruits sont nombreux mais très petits, pas terribles au goût, et à maturité très tardive en hiver donc ils risquent de geler.
Pourquoi Jenny est-il autofertile ? Les vendeurs vous disent qu’il est hermaphrodite car il porte des fleurs mâles et des fleurs femelles. C’est un non-sens botanique. Soit il est hermaphrodite car toutes ses fleurs sont hermaphrodites, soit il est monoïque avec des fleurs mâles et des fleurs femelles.
Vous remarquerez que les fleurs d’Actinidia quel que soit le sexe possèdent un ovaire et des étamines. Il suffit que ces éléments deviennent tous fertiles pour obtenir des fleurs hermaphrodites. Il semble qu’il existe des pieds mâles qui portent un petit nombre de fleurs femelles. Evidemment leur production doit être faible.
Mais si on regarde bien une fleur femelle, il suffit que les étamines ne soient plus stériles et c’est bien ce qui se passe avec Jenny. Je vais le démontrer.
Je n’ai jamais vu, absolument jamais, une fleur mâle sur Jenny. Mais ses fleurs d’aspect typiquement femelles ont des détails qui prouvent qu’elles sont hermaphrodites.
Les étamines ne sont pas rangées sagement en couronne mais se disposent de façon plus touffue, se mélangeant aux pistils :
On peut voir les grains de pollen blancs qui s’échappent des étamines et se répandent sur les pistils :
J’ai obtenu confirmation (était-ce nécessaire ?) sur un site un peu plus sérieux en botanique que les pépinières :
https://link.springer.com/article/10.1023/A:1018398924819
Et ces étamines fertiles de ces fleurs d’apparence femelle ont assuré la fécondation de presque toutes les fleurs de Jenny, deliciosa et melanandra.
Jeunes fruits en formation de deliciosa le 14 juin :
Jeunes fruits de melanandra le 14 juin :
00:19 Publié dans fruitiers | Lien permanent | Commentaires (0)
15/06/2017
La floraison des Actinidia
Le premier Actinidia en fleurs, c’est Actinidia kolomikta. Il y a un gros décalage, un bon mois avec les autres espèces. Il n’y a donc pas de fécondation croisée possible. Les photos sont du 4 mai.
La fleur femelle est petite. Elle présente au centre un bouquet de pistils blancs légèrement recourbés en crochet au bout situés au-dessus d’un ovaire déjà bien visible :
La fleur mâle présente un bouquet d’étamines jaunes, l’ovaire est invisible ou réduit à un point :
C’est bien sûr une liane dioïque, ces fleurs sont portées par des pieds différents. Mais, la plupart du temps, seul le mâle est proposé à la vente pour l’aspect décoratif de son feuillage, taché au printemps de blanc et de rose. C’est dommage, les fruits de la femelle sont petits mais comestibles.
Actinidia arguta a bien grandi, il mesure plus de 3m mais il est encore très jeune, il n’a pas fleuri à moins qu’il ne se décide à faire une ou deux fleurs en juillet, c’est le plus tardif.
Actinidia deliciosa et Actinidia melanandra fleurissent en même temps fin mai. Je n’ai que des femelles. Depuis des années je m’entête à planter un mâle et ils meurent tous. L’été dernier j’ai encore planté un mâle. Il a failli mourir de soif malgré mes arrosages mais il est bien reparti. Il est maintenant très grand mais n’a pas fleuri. Je viens d’acheter un autre mâle, Tomuri, le plus utilisé. Il est en pot et je ne le planterai qu’après les premières pluies d’automne. Je n’ai donc pas de photos de fleurs mâles deliciosa. Elles ressemblent à celles de kolomikta mais sont plus grandes avec une très grosse touffe d’étamines jaunes en pompon.
Fleurs femelles de Actinidia deliciosa (il s’agit bien de deliciosa, les fruits sont velus, ceux de chinensis avec lequel il est confondu sont lisses) le 31 mai, un bouquet de pistils blancs légèrement courbés au bout, entourés d’une couronne d’étamines jaunes stériles :
Je n’ai que des spécimens femelles de Actinidia melanandra car j’ai eu le pied mère par accident et je ne sais où trouver cet actinidia. Il fleurit en même temps que deliciosa. Les fleurs sont de la taille de celles de A. kolomikta mais les étamines (stériles, il est dioïque) sont noires :
23:21 Publié dans fruitiers | Lien permanent | Commentaires (0)
12/06/2017
Yponomeuta cagnagella, la terreur des fusains
Ce prédateur de fusains était apparu l’an dernier dans mon jardin sur mes fusains sauvages, Euonymus europaeus. Je parle de terreur des fusains mais cela n’a pas la gravité de la pyrale du buis avec laquelle ils ont en commun de défolier totalement l’arbuste ou la processionnaire du pin dont ils imitent les nids. L’action est la même mais la différence c’est l’extraordinaire vitalité du fusain qui s’en remet toujours et rapidement. C’est ce que je vais vous montrer cette année.
Le 24 mai, je remarque bien en vue dans le grand fusain les toiles :
Ces toiles sont les enveloppes des nids communautaires :
Les dégâts sont infimes sur le grand fusain, juste les feuilles des extrémités de branches. Si on n’y prête attention, il semble intact. Mais il a fait des bébés et il y a au moins une dizaine de jeunes fusains répartis sur le terrain, des jeunes pousses de moins d’un mètre. Je n’ai pas l’intention de les conserver, je ne veux pas transformer mon terrain en monoculture de fusains mais pour l’instant je les garde pour voir comment ils vont réagir à l’agression.
Ces jeunes fusains ont été totalement défoliés, il ne reste vraiment pas une seule feuille le 24 mai, que des tiges bien vertes mais nues. J’ai lu sur plusieurs sites que les fusains ne sont jamais détruits et refont rapidement leur feuillage. C’est en effet ce que je peux constater. Voici des photos du 6 juin d’un jeune fusain d’environ 70 cm de haut. Le feuillage est déjà en grande partie récupéré :
Donc l’atteinte d’un fusain adulte est très limitée et un jeune fusain totalement défolié récupère très rapidement après le départ (chute dans la végétation au sol) des chenilles. En aucun cas ils ne mettent en danger les fusains.
Pour la suite de l’évolution des chenilles, je l’ai déjà étudiée l’an dernier jusqu’à la naissance et l’envol du minuscule (1cm) mais ravissant papillon blanc pointillé de noir. Je n’ai pas l’intention de passer de nouveau des jours jusqu’en juillet à 4 pattes dans la pervenche. Mais si vous êtes curieux vous pouvez revoir leurs aventures en 2016 :
http://sureaux.blogspirit.com/archive/2016/07/03/yponomeu...
Voici l’état de mes fusains 3 semaines après l’attaque, le 14 juin. Tous, le grand et les petits de moins d’un mètre, ont entièrement récupéré leur feuillage et il n’y a plus aucune trace des dégâts alors que les petits avaient été totalement défeuillés.
Pour le plus grand, qui avait déjà produit 2 fois, la production n’est pas atteinte. Toutes les photos sont du 14 juin. Alors qu’on peut voir encore dans ses branches des restes de toiles
l’arbuste est couvert de jeunes fruits, plus nombreux que l’année dernière :
Il y en a même juste à côté d’un nid :
Cela ne m’étonne pas. Les chenilles mangent les feuilles, pas les fleurs (lors de l’attaque il était en fleurs).
Remarque : tout près du grand fusain, j’ai un très petit Euonymus myrianthus de semis. Il n’a pas été touché mais peut-être parce qu’il est trop petit.
13:47 Publié dans papillons | Lien permanent | Commentaires (2)



























































