14/01/2007
Sambucus ebulus autrefois
S'il n'a pas la touche magique du sureau noir, il est lui aussi connu de l'Homme depuis des millénaires. On l'a trouvé récolté par exemple sur le site de Monte Covolo en Italie du Nord (du néolithique à l'âge de bronze), sur le site de Veszto-Bikeri en Hongrie (du nolithique tardif à l'âge du fer), sur le site de Bubene-Sarovka en Bulgarie (âge du bronze), etc. Etait-il utilisé comme teinture ou pour ses effets thérapeutiques ?
Pour Pline l'Ancien (premier siècle après J.C.) il est plus efficace en thérapeutique que le sureau noir et les baies sont les parties les moins efficaces de la plante. Il parle aussi de l'utilisation comme teinture pour les cheveux.
En fait il fut utilisé en médecine dans toute l'Europe jusqu'en Turquie. On le retrouve sur un site du Moyen-Age en Bavière.
Danewort, Walewort, Blood Hilder (Blood Elder) : ces termes sont liés à une croyance qu'il poussa sur le sang répandu par les Danois lors d'une grande bataille ou bien qu'il fut rapporté par les Danois pour couvrir leurs champs de bataille et les tombes des Danois.
13:05 Publié dans Sureaux | Lien permanent | Commentaires (0)
Utilisations, suite
Les feuilles ont aussi un effet purgatif puissant. Sur la peau c'est un très bon cicatrisant. Les feuilles fraiches sont utilisées contre les piqûres d'insectes, furoncles et brûlures. Elles peuvent aussi être récoltées en été et séchées.
Les baies cuites ou séchées, environ 2-3 g, ont une action laxative, diurétique et sodorifique.
J'ai trouvé en vente sur le Net des gélules de Dwarf Elder Bark (écorce) et une tisane contenant entre autres du sureau yèble.
Autres utilisations
Le jus de racines pour teindre les cheveux
Pour teindre en violet ou d'autres teintes selon mordançage
Pour colorer le vin, couramment utilisé autrefois
Il est très mellifère. Il attire aussi coléoptères et papillons
Le purin de feuilles pour repousser mulots, campagnols, taupes
La décoction suivie d'ébullition pour lutter contre altises et pucerons sans gêner les abeilles et coccinelles, peut-être aussi contre marsonia et mildiou. Mais si on n'a pas le temps de faire ces préparations, répandre les feuilles au pied des plantes est efficace.
Utilisation en couvre-sol.
11:15 Publié dans Sureaux | Lien permanent | Commentaires (0)
13/01/2007
Sambucus ebulus, utilisations
Pas d'utilisation en cuisine
D'après M.R. Maire, cité par D. Bois, les fruits d'une varité de S. ebulus en Algérie sont relativement gros et de saveur agréable. Mais je n'en retrouve aucune trace nulle part ailleurs dans la littérature.
Donc son fruit, amer et toxique (beaucoup moins après cuisson), est impropre à la confection de confitures.
Vertus thérapeutiques
Il a cependnat rendu service par ses vertus thérapeutiques. Pour Pline l'Ancien (premier siècle après J.C.) et pour d'autres (E. F. Steinmetz, Materia Medica Vegetabilis, 1954) il a les mêmes utilisations que le sureau noir mais en beaucoup plus efficace et puissant. A réserver aux connaisseurs.
Le Larousse de la Langue Française en parle : espèce de sureau dont l'écorce, les fleurs et les baies ont été utilisées en médecine, avec une citation d'A. France : "elles cueillaient dans les prés le bouillon blanc, l'hièble, la menthe".
L'effet est diurétique et diaphorétique en cas de fièvre due à un refroidissement. Il est utilisé également dans les affections des reins et de la vessie.
Ses racines, fraîches ou séchées puis réduites en poudre, 1 c. à soupe, macération à froid puis courte ébullition, furent utilisées contre la goutte.
Son feuillage était mis dans les chaussures pour éviter la fatigue lors d'une longue marche ou en fumigations pour dissiper l'enflure des jambes.
18:15 Publié dans Sureaux | Lien permanent | Commentaires (0)
Sambucus ebulus, culture
Il est déconseillé d'en tenter l'installation dans son jardin car il est très envahissant et il devient impossible de s'en débarasser. Si l'on souhaite l'utiliser dans un but médical ou autre, il vaut mieux repérer ses sites de prolifération dans la nature. C'est du moins ce qui est conseillé en France et on ne le trouve pas en vente. Pourquoi le payer d'ailleurs, il est facile d'en trouver gratis.
Dans les pays voisins il est plus recherché car très décoratif et il est proposé à la vente. C'est vrai que si le terrain lui plait il sait devenir envahissant mais pas plus que les bambous et il suffit de l'obliger à garder sa place par des barrières anti-rhizomes proposées pour les bambous. Il s'est installé cette année au pied de mon sureau noir 'Ina' et je vais l'y laisser. En couvre-sol au pied d'un grand sureau, ça peut être très beau, d'autant plus que sa floraison va prolonger de deux mois celle du sureau noir, et cela facilite l'entretien (pas de désherbage). Il peut aussi mettre en valeur le feuillage rouge très sombre de 'Black Beauty' ou 'Black Lace'.
00:55 Publié dans Sureaux | Lien permanent | Commentaires (2)
12/01/2007
Sambucus ebulus, habitat
Habitat
Essentiellement les terres incultes,clairières, bords de chemins. Il préfère les sols humides, à dominante argilocalcaire, nitrophiles (riches en azote) comme tous les sureaux. Il aime le soleil. En bord de rivière il supporte les inondations passagères.
Rusticité
Z 5(4?) à 10
Répartition géographique
Surtout l'Europe et l'Afrique du Nord, de 0 à 2000 m. Il déborde un peu vers l'Asie, au Proche Orient. Un site web du gouvernement libanais mentionne d'importants peuplements et il le recense dans la liste des plantes médicinales.
Il a été introduit et s'est naturalisé dans le nord-est des USA et au Québec.
Multiplication
Par semis naturels et extension de ses rhizomes.
Pollinisation entomogame et autogame. Dissémination endozoochore (après transit intestinal chez les animaux).
nota : glossaire botanique à http://fr.wikipedia.org/wiki/Glossaire_botanique
11:25 Publié dans Sureaux | Lien permanent | Commentaires (0)
11/01/2007
Sambucus ebulus, les fruits
Ce sont des drupes de 6 mm, presque noires.
Ils ressemblent beaucoup à ceux du sureau noir mais même à totale maturité ils restent dressés vers le ciel et leur maturation est plus uniforme dans un corymbe.
Port dressé, même rigide.
Ils contiennent un jus vineux et 3 à 5 graines, des pyrènes.
Ils sont toxiques surtout à l'état frais.
17:10 Publié dans Sureaux | Lien permanent | Commentaires (0)
09/01/2007
Réflexions sur la rusticité
Mon idée de protection de S. palmensis était bien sûr un gag. Comment protéger un arbre qui grandit vite et va atteindre 10 m ?
Je parlerai plus tard de façon détaillée de la rusticité parce que c'est nécessaire pour certains sureaux subtropicaux. Mais je crois qu'on peut tous les planter en forêt de Fontainebleau et aussi à 400 m d'altitude dans la Creuse, en les habituant doucement, sur une butte pour leur éviter la natation, protégés par d'autres arbres, etc.
Beaucoup d'arbres et arbustes en limite de rusticité supportent des climats variables dans leur zone d'origine selon, entre autres, l'altitude. La même espèce poussant en montagne à 1000 m résistera mieux au froid que si elle a été prélevée en plaine.
Je suis le cours de botanique du Museum national d'Histoire Naturelle. Aujourd'hui nous avions une sortie à l'Arboretum de Chevreloup près de Versailles. Trois heures c'est peu mais j'ai eu le temps de voir :
- un Quercus suber, le chêne-liège, sensé ne supporter que le climat du Midi. Planté vers 1975, il n'a jamais souffert, il est superbe et très touffu.
-un Abies pinsapo var. marocana, la variété marocaine du sapin d'Espagne. Mais au Maroc il vit à 1800 m, il connaît le froid et la neige.
Il ne faut donc pas se laisser impressionner par l'origine d'une plante et avoir la patience de l'acclimater. Il y aura des échecs mais pour les succès cela vaut la peine d'essayer.
19:30 Publié dans Sureaux | Lien permanent | Commentaires (1)
08/01/2007
Sambucus ebulus, herbier
Bourgeon terminal
A remarquer : les deux folioles de la dernière paire sur la feuille verticale sont décurrentes c'est-à-dire que le limbe se prolonge sur la nervure centrale. C'est une particularité des sureaux herbacés, pas très fréquente chez ebulus, au maximum chez adnata.
Inflorescence
Fleurs
Ce n'est pas très net, je ferai des photos l'été prochain. On voit bien cependant la couleur très foncée des anthères.
20:20 Publié dans Sureaux | Lien permanent | Commentaires (0)
L'odeur des fleurs
Petite digression sur l'odorat
L'odeur des fleurs du sureau yèble, de même que l'odeur de l'amande amère, et celle de nombreux noyaux de fruits, est due à l'acide cyanhydrique. Cela fait penser à cyanure. Mais rassurez-vous, notre seuil olfactif pour cet acide est extrêmement bas, très inférieur au seuil toxique, et il n'y a aucun risque. Evidemment il ne faut pas en abuser, par exemple s'enfermer dans une chambre avec une grande quantité de fleurs. De même quelques noyaux d'abricot pour parfumer une confiture, c'est sans risque et souvent mentionné dans les recettes, mais de là à se gaver de noyaux...
Cyanogénèse : c'est l'élaboration d'acide cyanhydrique par diverses plantes (définition du Larousse). Cela est dù à des hétérosides cyanogènes (entre autres sambunigrine pour les sureaux). Dans les fruits mûrs du sureau noir ils ont disparu, remplacés par des anthocyanes. Ces substances, bien qu'à base de cyanure, poison très violent (mais non volatile et inodore, d'où son intérêt pour vous débarasser des gens qui vous gênent) ont un effet relaxant et sédatif si elles sont prises à petites doses.
J'étais passée plusieurs fois entre Héricy et Fontaine le Port sans prêter attention à la végétation. Un jour, j'ai détecté une colonie de sureau yèble parce qu'elle était en fleurs, uniquement à l'odeur, alors que j'étais en voiture, toutes fenêtres fermées. J'en ai cueilli une cyme pour mon herbier. J'ai dû très vite ouvrir toutes les fenêtres, incommodée par l'intensité de l'odeur que j'aime pourtant. Cela me fait penser à mon Dracaena fragrans que je suis obligée d'expulser du séjour quand il fleurit tous les ans. C'est pourtant une odeur agréable mais trop c'est trop.
11:35 Publié dans Sureaux | Lien permanent | Commentaires (5)









