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10/05/2014

Asimina triloba, quel paresseux !

 

Vous avez planté des fruitiers rares dont les fruits devraient vous régaler mais vous n’en avez pas l’habitude et il n’y en a pas d’autres alentour pour vous permettre de comparer leur développement. Pour certains c’est l’angoisse parce qu’ils débourrent très tard et qu’ils semblent morts alors que le printemps est très avancé et que tous les arbres autour ont tout leur feuillage et même des fleurs. Ces créateurs d’angoisse sont dans l’ordre de gravité le kaki, l’asiminier et le pire, le jujubier.

Pour Asimina triloba, un seul arbre ne suffit pas car il est autostérile et il faut au moins 2 variétés. J’en ai 2 à Romilly et 3 à Veneux. Le premier signe d’espoir apparait à Romilly le 4 avril :

1 asimina romi 4 avril 2014 054.jpg

Une semaine plus tard on n’est guère plus avancés :

2 asimina romi 11 avril 2014 028 (2).jpg

Et le 20 avril, c’est pareil :

3 asimina romi 20 avril 2014 041.jpg

4 asimina romi 20 avril 2014 042.jpg

Va-t-il vraiment démarrer ou est-il mourant  ? Comment de si petites feuilles vont-elles donner les énormes feuilles d’asiminier ?

Le 3 mai, les feuilles ont un peu grandi. Le grillage autour, c’est contre les chevreuils et il restera toute l’année. L’autre asiminier de Romilly ne donne toujours pas signe de vie début mai.

5 asimina romi 3 mai 2014 023.jpg

A Veneux, le 9 mai l’espoir est grand pour deux d’entre eux :

6 asimina veneux 9 mai 2014 002.jpg

7 asimina veneux 9 mai 2014 001.jpg

8 veneux 9 mai 2014 002.jpg

Mais pour le troisième le premier signe de vie n’apparait que ce 9 mai :

9 veneux 9 mai 2014 004.jpg

Le Jardin Botanique de Marnay sur Seine est enfin ouvert. Même terre, même climat, à 10km de Romilly.  J’y suis donc allée pour voir son très grand asiminier. Je suis enfin rassurée : il est encore presque nu :

a asimina marnay 8 mai 2014 007 (1).jpg

b asimina marnay 8 mai 2014 007 (2).jpg

c asimina marnay 8 mai 2014 007 (4).jpg

Il commence à fleurir. Les fleurs ont 3 sépales verts et 6 pétales rouge-brun. En voici une qui sort tout juste de son bourgeon, les pétales sont encore verts :

d asimina marnay 8 mai 2014 007 (5).jpg

Une fleur plus avancée a déjà coloré ses pétales mais n’est pas encore ouverte :

e asimina fleur marnay 8 mai 2014 007 (7).jpg

12:52 Publié dans fruitiers | Lien permanent | Commentaires (2)

04/05/2014

Miracle, Prunus salicina fructifie !

Oui, j’ai découvert des jeunes fruits sur Prunus salicina.

prunus salicina romi 3 mai 2014 042 (1).jpg

prunus salicina romi 3 mai 2014 042 (2).jpg

prunus salicina romi 3 mai 2014 042 (3).jpg

 C’était inespéré. Prunus salcina, le prunier japonais, est auto-stérile et il ne peut trouver un pollen compatible dans nos vergers. Etant diploïde, il est incompatible avec nos pruniers, hexaploïdes. Ses fleurs ne peuvent être fécondées que par le pollen d’un autre Prunus salicina, ou d’un myrobolan, Prunus cerasifera, ou d’un prunier américain (section Prunocerasus). J’avais planté pour lui 2 cultivars de myrobolan, l’un est mort, l’autre n’a donné au bout de 2 ans qu’une seule fleur. Je viens donc de planter un cultivar de salicina, Ozark Premier mais quand fleurira—il ? J’avais l’intention de planter cet automne un autre salicina, Golden Japan. Les producteurs français vendent depuis longtemps Golden Japan mais en le présentant comme un Prunus domestica, leur ignorance botanique habituelle. Si ça peut marcher, c’est parce qu’il est, au moins partiellement auto-fertile. Mais si son succès n’a pas été fulgurant malgré la grande taille et l’excellent goût de ses prunes, c’est peut-être parce que sa production est trop moyenne, faute d’un pollinisateur complémentaire. J’ai eu un Golden Japan, il croulait sous une multitude de grosses prunes jaunes parce qu’il avait un myrobolan à proximité mais à l’époque je ne comprenais rien.  Les américains qui le vendent proposent un pollinisateur complètement ignoré en France.

J’ajouterai qu’aux Etats Unis les prunes proposée à la consommation en fruits frais sont presque uniquement les prunes japonaises. Les prunes européennes sont séchées en pruneaux. J’ajouterai que la floraison très précoce de Prunus salicina est exposée au gel dans les régions les plus froides en France.

Mais qui  a fécondé mon Prunus salicina botanique ? Le généreux donateur de pollen compatible est à 6m de lui, c’est le Prunus à feuillage rouge dont je voulais voir les fruits pour lui donner une identité.

Je suis maintenant persuadée que c’est une variété de myrobolan, Prunus cerasifera. Depuis leur floraison, je le suis en même temps qu’un Prunus cerasifera ‘Pissardii’, ce grand prunier à feuillage rouge planté partout dans les villes. Le mien n’est pas Pissardii car ses feuilles naissent vertes et rougissent progressivement, celle de Pissardii sont rouges dès leur naissance, les fleurs du mien sont blanches, celles de Pissardii sont roses. Mais ils ont évolué strictement en même temps et maintenant leurs fruits sont identiques. J’ai même coupé ces fruits en deux : constitution identique avec à ce stade un noyau encore mou.

Mon Prunus :

3 prunus rouge romi 3 mai 2014 028 (2).jpg

4 prunus rouge romi 3 mai 2014 028 (1).jpg

5 prunus rouge romi 3 mai 2014 045.jpg

Pissardii :

prunus pissardii 22 avril 2014 004 (1).jpg

prunus pissardii 22 avril 2014 004 (2).jpg

Mon Prunus est une variété de Prunus cerasifera au coloris intermédiaire entre la forme botanique et le cultivar Pissardii. II était déjà sur le terrain en 2008. Le voici en 2011 :

q prunus romi 13 mai 2011 057.jpg

Il semble n’avoir qu’un seul tronc mais il y a alors un très petit sujet  à côté. Voici une photo récente, ce petit sujet a beaucoup grandi, il atteint maintenant la moitié de la hauteur du premier :

r prunus rouge romi 3 mai 2014 031 (1).jpg

s prunus rouge romi 3 mai 2014 031 (2).jpg

Ce Prunus, comme salicina, n’avait jamais fructifié malgré une floraison abondante et alors que les deux étaient en fleurs en même temps. Je pense que mon Prunus, sans doute auto-fertile, n’était pas encore assez âgé pour produire. La preuve en est que le plus jeune n’a pas de fruits. Son pollen n’était pas mûr et donc non fécondant. Cette année la maturité est atteinte et Prunus salicina en a profité.

 

01/05/2014

Lonicera caerulea

Encore un problème de fructification. L’effet bénéfique de certains fruits est vanté. Consommer des fruits variés, naturels et non traités est souhaitable. Donc on nous vend toutes sortes de fruits. Le seul problème : les vendeurs ne sont pas des experts en botanique, ce n’est de toute évidence pas leur premier souci. Ce qui compte c’est de vendre tous ces petits fruitiers dont on parle tant. Les conditions nécessaires pour obtenir des fruits, ils s’en foutent. Vous vous retrouvez avec un arbuste en pleine santé, bien touffu, bien fleuri, mais qui ne fructifie jamais. Nous avons vu ainsi les Cornus qui ont besoin de temps, des arbustes dioïques dont qu’on vous propose à l’unité et non sexés, des arbustes qui ont besoin d’une autre variété pour être pollinisés mais qui n’ont pas de nom de variété et vous plantez des arbustes du même clone, ce qui n’améliore rien, des arbustes dioïques capables de parthénocarpie et dont l’absence de mâle est préférable, des arbres capables de parthénocarpie comme les Diospyros, aussi bien kaki que lotus (j’ai dû beaucoup chercher pour lotus), etc. Mais, encore une fois, ce n’est pas le problème des vendeurs, un vendeur ça vend, c’est tout.

Me voilà devant un nouveau problème de production avec la baie de mai, Lonicera caerulea (et ses variété, kamtschatica, edulis et autres). Là, je dois reconnaître que les meilleurs producteurs précisent qu’il faut en planter deux mais faut-il 2 variétés différentes, ce n’est pas précisé mais probable sinon il serait auto-fertile. Des lecteurs de mon blog m’ont posé des questions à son sujet car ils ont eux aussi du mal à apercevoir les fruits.

Il y a 4 ans, j’en ai planté deux, probablement de la même variété. Un seul s’est bien développé, l’autre végète. C’est la variété edulis.  J’en ai ajouté deux il y a deux ans, Maistar et Tomishka. Ils se portent bien mais ne grandissent pas vite. Ils sont pourtant tous plantés dans la même zone, dans les mêmes conditions. L’un d’eux a réussi à faire quelques fleurs cette année, c’était mieux l’an dernier mais peut-être ont-ils souffert des inondations. Ils avaient pourtant fait quelques fruits après les inondations de 6 semaines en mai-juin mais ils ont subi ensuite une deuxième inondation de 4 semaines.

Voici d’abord le plus développé. Je n’avais pas prévu ce magnifique développement et il déborde sur le tronc d’un nashi qu’il ne devrait pas trop gêner car les branches partent plus haut :

1 lonicera caerulea romi 6 avril 2014 013 (2).jpg

2 lonicera caerulea romi 6 avril 2014 013 (1).jpg

J’ai photographié de rares fleurs le 1 février :

3 lonicera caerulea romi 1 fév 2014 038 (1).jpg

Cela arrive, et même à partir de décembre. Mais l’essentiel de la floraison est en mars :

4 lonicera caerulea romi 29 mars 2014 003 (2).jpg

5 lonicera caerulea romi 29 mars 2014 003 (1).jpg

6 lonicera edulis.jpg

7 lonicera edulis 2.jpg

8 lonicera edulis 3.jpg

Les fleurs vont 2 par 2 et les fruits feront de même. A part lui, cette année comme l’an dernier, seul Maistar a fleuri :

9 lonicera maistar romi 6 avril 2014 007 (1).jpg

10 lonicera maistar romi 6 avril 2014 010.jpg

11 lonicera caerulea romi 29 mars 2014 003 (5).jpg

L’an dernier donc j’ai eu un petit nombre de fruits. Le grand edulis a fait les plus petits :

a lonicera kamt romi 27 juin 2013 019.jpg

Maistar :

b lonicera maistar romi 27 juin 2013 009.jpg

c lonicera maistar romi 27 juin 2013 012.jpg

d lonicera maistar  romi 27 juin 2013 011.jpg

Sur papier millimétré mais je ne sais quelle est la valeur de ces mesures car les pauvres arbustes sortaient de 6 semaines d’inondation continue et leur maturité avait été reportée fin juin :

lonicera kamt romi 27 juin 2013 026.jpg

Ma conclusion : un pied seul ne fructifie pas. Faut-il 2 variétés différentes ? C’est probable mais mon étude n’a pas été faite de façon assez rigoureuse pour le vérifier.

Une nouvelle difficulté se profile à l’horizon : celle de Aristotelia chilensis, le maqui du Chili. Il est probablement dioïque. J’en ai deux. Quelles sont mes chances qu’ils soient de sexe différent ?

 

 

 

20:19 Publié dans fruitiers | Lien permanent | Commentaires (5)

29/04/2014

Cornouilles et petites cerises

Je vais peut-être avoir de nouveaux fruits cette année. Certains arbustes fruitiers mettent du temps à produire. Nous avons vu les Elaeagnus qui ont besoin de 2 variétés pour une pollinisation croisée. Pour les Cornus mas et officinalis, le problème est différent. Ils sont auto-fertiles mais il leur faut prendre de l’âge, beaucoup trop d’âge à mon goût. Cornus mas ‘Jolico’ planté en 2007 a fleuri dès la première année mais a donné des fruits en 2013. Cornus mas ‘Yellow’ semble plus rapide. Planté en 2012, il montre quelques jeunes fruits. Il reste à savoir s’ils parviendront à maturité :

yellow romi 22 avril 2014 054.JPG